
En Bretagne, décider d’aller naviguer ne veut pas dire partir. Cela veut dire accepter, presque consciemment, de s’engager dans une succession d’étapes que tous les plaisanciers connaissent par cœur.
Tout commence souvent de la même manière. Une fenêtre de beau temps. Pas exceptionnelle, mais correcte. Un ciel dégagé, un vent raisonnable, une houle annoncée comme « maniable ». On se regarde, on hésite à peine, et quelqu’un finit toujours par dire :
« Là, maintenant, ça serait dommage de ne pas y aller. »
Sur le principe, tout le monde est d’accord. L’envie est là. Mais entre l’envie et le moment où le bateau est réellement en navigation, il y a des étapes obligatoires. Il y a un monde fait de préparation, d’attente, de petits imprévus, et parfois de renoncements temporaires.
Quand la décision est prise, la météo est encore favorable. C’est rarement là que ça coince. Ce qui complique les choses, c’est le temps qu’il faut pour transformer une bonne idée en une sortie agréable.
Le bateau est sur sa remorque. Il faut l’atteler correctement, vérifier les sangles, s’assurer que rien n’a été oublié depuis la dernière sortie. On charge ce qui manquait la fois précédente, on enlève ce qui ne sert à rien, puis on prend la route.
Selon le port, le trajet dure trente, parfois quarante-cinq minutes. Sur la route, on jette déjà un œil au ciel. Toujours correct, mais un peu moins lumineux qu’au départ.
Arrivé au port, il y a du monde. C’était prévisible. Quand les conditions sont bonnes, tout le monde a eu la même idée. La cale est occupée. On attend. On échange quelques mots. On observe les manœuvres des autres.
La mise à l’eau commence enfin. La remorque grince, le bateau descend doucement, le moteur hésite avant de se lancer. Pendant ce temps-là, le vent prend un peu de force. Rien d’alarmant, mais suffisamment pour changer l’ambiance.
Et cette pensée traverse l’esprit de beaucoup : si le bateau avait été prêt à partir immédiatement, la sortie n’aurait pas eu le même déroulé.
La cale n’est pas un simple endroit de passage. C’est un lieu d’observation. Un espace où chacun devient spectateur, parfois commentateur.
Personne ne se connaît vraiment, mais chacun a une expérience à partager. Il y a celui qui regarde depuis le muret, celui qui fait remarquer un détail, celui qui explique comment il procède depuis des années.
Rien de méchant. C’est même souvent bienveillant. Mais cela ajoute au temps qui passe. La manœuvre se fait. Lentement. Précisément. Sans précipitation.
Quand le bateau est à l’eau et que le moteur démarre, on ressent un léger soulagement. La navigation peut commencer. Même si une bonne partie de l’énergie a déjà été consommée avant d’avoir quitté le port.
Un moteur a sa logique propre, surtout lorsqu’il n’a pas tourné depuis un certain temps comme à la sortie d’hivernage.
On l’allume. Il cale… On retente à nouveau. Et enfin il démarre. Puis il broute mais il est parti. Certes, mais pour combien de temps ?
Une fois lancé, tout semble fonctionner correctement. Le bateau navigue bien, les premières minutes sont agréables. Jusqu’à ce qu’un bruit inhabituel se fasse entendre. Pas inquiétant, mais suffisamment stressant pour attirer l’attention.
On continue malgré tout. Plus prudemment. On écoute. On surveille. Le regard passe régulièrement du moteur au ciel, puis à l’eau autour.
Ce n’est pas de l’inquiétude. On a l’habitude de rester en veille.
La décision de rentrer n’arrive jamais brutalement. Elle s’impose progressivement.
Le vent a pris un peu de force. Le bruit du moteur est revenu. La marée commence à bien descendre. Rien de dramatique, mais suffisamment d’éléments pour se poser la question de rentrer au plus vite.
Alors quelqu’un dit, calmement : « On va peut-être pas insister. »
Personne ne s’y oppose. Parce que tout le monde a fait le même calcul.
Le retour se déroule sans incident. Le bateau est sorti à temps, il est remis sur la remorque, on a tout remis à la hâte dans le bateau. On doit faire le trajet retour, on est fatigué et c’est à ce moment qu’on doit rincer, bâcher, ranger.
C’est souvent à ce moment-là que le constat s’impose : le trajet, l’attente, la préparation, la mise à l’eau… pour deux heures de navigation.
Après avoir ramené le bateau, sorti le bateau, re sanglé, repris la route pour rentrer, garé, rincé, bâché, seul… On finit dans le canapé vidé mais rassuré. La charge mentale du naviguant…
Les plaisanciers bretons aiment se débrouiller seuls. Ils aiment comprendre, anticiper, entretenir leur matériel. Cette autonomie fait partie de leur manière de naviguer.
Mais avec le temps, beaucoup finissent par faire le même constat, souvent sans vraiment le formuler. La navigation n’est pas devenue plus compliquée, c’est le cadre technique autour de la navigation qui devient lourd.
Ce n’est pas le bateau qui fatigue. Ce sont les à-côtés. Le transport, la manutention, le stockage, les pannes et les casses, l’organisation à prévoir à chaque sortie. La remorque, longtemps symbole de liberté, devient parfois l’étape de trop.
Pour certains c’est un mode de vie depuis des générations. Pour d’autres ça devient une habitude. Et d’autres d’adaptent… Ils gardent leur bateau, mais cherchent des solutions pour naviguer quand l’envie est là, sans devoir refaire toutes les étapes obligatoires à chaque fois. Ce n’est pas un renoncement mais chercher d’autres moyens de naviguer en retrouvant du plaisir.
Naviguer en Bretagne, c’est accepter beaucoup de facteurs. C’est composer avec la météo, les horaires, les contraintes matérielles. Cela a toujours fait partie du jeu.
Beaucoup se rendent compte, avec du recul, qu’ils ne cherchent plus à faire des sorties longues à la journée mais cherchent surtout à sortir plus régulièrement, pour des sorties plus courtes, sans que cela devienne le parcours du combattant à chaque fois.
Certains racontent qu’ils ont changé leur manière de faire. En effet, ils naviguent désormais quand une fenêtre se présente, sans préparation lourde, sans dépendre d’une suite d’étapes obligatoires. Pas parce qu’ils aiment moins le bateau. Mais plutôt parce qu’ils aiment naviguer sans cette charge mentale.
Parmi eux, on croise aujourd’hui des personnes qui ont trouvé cet équilibre en Bretagne avec Liberty Pass. Pour certains ils ont vendu leur bateau, ils ont fait de la place dans le jardin (fini la remorque à la maison), ils dorment mieux… Ce n’est pas une rupture avec leurs habitudes, mais c’est une façon plus simple de naviguer quand le temps et l’envie sont là.
Par l’équipe Liberty Pass, signé Flavie Moitessier.
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